mardi 19 novembre 2013

Quand les spectacles de la place Saint-Médard attiraient les foules

Place Saint-Médard.
Départ du ballon
"La Brise", 1901.

Certes il y eut la Montgolfiade de 1901 qui laissa de bons souvenirs (voir ci-contre), mais la place Saint-Médard connut des animations bien plus spectaculaires encore. Il faut dire que pendant longtemps, celle qui s'appelait encore la place du Minage avait été choisie comme lieu privilégié pour les exécutions publiques. Et à l'époque on ne lésinait pas sur la mise en scène. Âmes sensibles, s'abstenir. Âmes tout court aussi.

Voilà ce que l'on peut lire dans l'Histoire de l'église Saint-Médard rédigée par Auguste Nayel et Henri Bodin :

SUPPLICES EN PLACE SAINT-MEDARD

Nul n'ignore que sous l'ancien régime toutes les horreurs que comportaient les supplices en usage, du fouet à la décapitation, se passaient en plein jour, sur la place publique, devant une populace plus cruelle souvent que le législateur.

Thouars, en conséquence de deux arrêts successifs du Parlement de Paris, certains jours eut le triste privilège de jouir d'un tel spectacle. Et si nous en parlons ici, c'est que la place Saint-Médard fut choisie comme lieu d'expiation.

C'est ainsi qu'en 1782 le bourreau mutila le poignet à une femme nommée Jacquelie Demeurant, accusée d'avoir empoisonné son mari. La victime fut ensuite brûlée vive toujours en place Saint-Médard.

En 1784, après un vol de bijouterie commis dans un magasin de la rue Saint-Médard ce moment rue des Orfèvres), les nommés Piault, Philiponnet et Méneroux avaient été détenus dans l'une des tours de la Porte-aux-Prévôts, laquelle servait alors communément de prison. Une certaine nuit de décembre, les trois malandrins assassinèrent leur geôlier et sa femme. Seul, cependant, Piault réussit à s'échapper par une fenêtre. Les deux autres criminels se firent « prendre » avant que d'avoir eu le temps de fuir... Et c'est à la suite de ce meurtre que Philiponnet et Méneroux furent condamnés à être roués vifs.

Le supplice eut lieu devant le porche de l'église Saint-Médard. Le bourreau étendit les membres de chacun des patients sur les quatre bras d'une croix de saint André. Puis, avec une barre de fer, il leur brisa les os des avant-bras, des jambes, des cuisses et des reins. Après quoi les « rompus » furent, exposés, jusqu'à putréfaction, sur une roue de charrette à la Croix-des-Piliers (route de Poitiers).

Source : L'église Saint-Médard de Thouars, par Auguste Nayel et Henri Bodin, 1902, p. 66-67.

La place Saint-Médard en 1825. Extrait du cadastre napoléonien.

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Et demain ne ratez pas le second épisode consacré aux exécutions sur la place Saint-Médard, un épisode d'autant plus cruel qu'il fut tout à fait illégitime.

En effet, après une longue enquête, je suis en mesure de démontrer qu'il s'agissait d'une erreur judiciaire, laquelle couta la vie à une malheureuse innocente.  


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