mardi 18 juin 2013

Un mystérieux génie thouarsais

E. Maglin, La Nature N°1266 — 4 septembre 1897

Voilà à quoi ressemblait un vélo en 1868.
Vélocipède Michaux (sa) + de photos
On ne s'attend pas à tomber sur une merveille en lisant, dans un vieux numéro de L’Industrie vélocipédique daté de 1894, un article consacré aux inventeurs oubliés. On sera donc surpris d'y découvrir la trace d'un thouarsais, lequel aurait monté des roulements à billes dans un moyeu de roue de vélocipède en 1868. La belle affaire, me direz-vous ! Mais 1868, c'est un an avant le brevet déposé par Jules Pierre Suviray pour cette même invention, voilà qui fait de notre thouarsais un génie hors pair. Qui plus est, le prototype qu'il avait construit cumulait plusieurs innovations qui à l'époque étaient remarquables. Lisez plutôt : 


[...] En ce qui touche aux vélocipèdes mus par les bras et les jambes, dont un modèle actuel, La Valère, a fait verser des flots d'encre, le nom du premier constructeur est inconnu du plus grand nombre. Cependant, j'ai retrouvé dans un journal de 1868, Le Voleur, la description d'un tricycle construit à cette époque par un mécanicien de Thouars (Deux-Sèvres), et dans lequel la roue d'avant était pourvue de pédales comme les vélos d'alors, tandis qu'un levier actionnait l'arbre des roues d'arrière par le moyen d'un excentrique (*). Il paraîtrait même que tous les frottements étaient pourvus de billes en acier que l'inventeur avait tournées lui-même sur un tour muni d'un chariot circulaire, suivant l'idée qui lui en avait été suggérée par la vue d'un volant ainsi monté sur billes, et qui se trouvait dans un stand de l'Exposition Universelle de 1867.


Ainsi, ce modeste artisan provincial a le premier réalisé ce problème si difficile de la propulsion par tous les membres réunis et appliqué à un véhicule les roulements à billes qui ont fait le succès des cycles actuels. Lorsque la solution pratique du vélocipède mû a la fois par pédales et leviers a été annoncée, qui s'est rappelé du mécanicien de Thouars ?... Cependant son tricycle, à l'aide duquel il parcourait jusqu'à 80 kilomètres par jour, en remorquant sa petite famille, était bien l'ancêtre de la moderne machine à courir.

L'industrie vélocipédique, avril 1894



Malheureusement l'article ne mentionne pas le nom de notre génie. Mais il se pourrait que ce soit F. Barnagaud, un mécanicien thouarsais qui avait créé une fabrique de cycles. Peu de traces demeurent mais une facture datée de 1923 et une carte postale aux environs de 1910, les ateliers étaient alors installés à l'angle du boulevard Jean Jaurès et de la rue Lamartine, là où se situe aujourd’hui l'électricien chauffagiste Marchand. Il reste encore de cette époque l'un des piliers du portail d'entrée.   

en-tête d'une facture, 1923

Établissements Barnagaud - carte postale vers 1910, © exlibris86 sur delcampe.net (sa)







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* L'excentrique est le gage d'une bonne invention. Ainsi et puisque le "Sourire sans effort" (cliquer sur ce lien)  de Daniel Fouchereau est une invention tout à fait excentrique, elle est vouée à un bel avenir.

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