vendredi 28 septembre 2012

La décrépitude du patrimoine

On appelle "patrimoine" ce que nos aïeux nous transmettent et qu'on considère comme un héritage commun à cultiver. Or on ne peut pas tout conserver du passé au risque de vivre dans ce même passé. S'il n'y a pas de doute sur l'intérêt d'un château de la Trémoïlle, un hôtel Tyndo ou un bout de rempart, la chose est moins évidente quand il s'agit du "petit patrimoine bâti" qu'on néglige souvent et davantage par inattention que par mépris. Il en va ainsi d'un cabanon de l'avenue Émile Zola que nul n'a pensé à protéger. Certes il n'a pas les belles pierres qui font les châteaux et qui attirent l'attention des architectes comme le miel les fourmis, il arbore même un méchant crépis fraîchement taloché. Mais qui se souvient ce qu'on voyait là avant ?        

avril 2012
C'était une peinture publicitaire pour le Quinquina Duhomard... La voilà perdue à jamais.  

le même endroit en 2011
L'architecte en charge de la protection du patrimoine (ZPAUPP) est passé à côté, mais que connaissait-il de notre héritage commun ? Il a bien noté la belle demeure attenante, mais il a ignoré son petit cabanon et le trésor qu'il nous donnait à voir. Les crépisseurs ont pu agir à leur guise...

Fallait-il qu'on y enterre quelques uns de nos ancêtres pour que les archéologues de L'INRAP accourent, bloquent le chantier et organisent des fouilles comme on le vit sur la place Saint Médard. Peut-être le temps nécessaire pour comprendre l'ampleur du massacre qui se profilait...  

Au même moment - et quelle ironie ! - la municipalité faisait des singeries à grand frais dans le passage Jeanne d'Arc. Ah ça ! Pour aller peindre des singes sur les murs, il y a du monde ! Mais pour veiller sur le Duhomard, il n'y eut personne...

On n'aurait rien attendu de dispendieux pourtant, pas même une restauration, mais seulement laisser le temps faire son œuvre. La peinture était déjà craquelée, presque illisible et bientôt effacée. On aurait alors raconté l'histoire de ce pan de mur comme on se remémore aujourd'hui La passerelle ou le Chat Noir. Mais il a fallu qu'on nous inflige l'affront des taloches !

Devant le grand malheur qui s'abat sur la ville, nous n'avons plus qu'à noyer notre amertume dans le Duhomard en se persuadant que ce n'est là que l'effet du quinquina.

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1 commentaires :

Anonyme a dit…

En un mot : Scan-da-leux !!!
A votre santé quand même !

Jules-de-chez-Smith-en-face

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